Rick Deckard se réveille, encore perturbé par le changement de temps. Les pendules et l'appartement de son Cell ne sont pas accordées et montrent des heures désarticulées. Il lui faut se référer à l'horloge atomique de Palo Alto pour savoir exactement quand il est. 6h35. Le moment de réveiller les enfants, heureusement il reste pour le petit déjeuner des pancakes au sirop d'érable de la veille. L'automne, lui, n'est pas désarticulé, de grandes vagues de pluies grises s'abattent sur la banlieue résidentielle de Roman Abbey, au pied des collines de Jura Hill. Comme les gamines se préparent à monter dans le bus jaune, Rick leur rappelle les consignes : équipement de protection activé tout le temps. Dans le bus, sur les quais du S2, dans l'échangeur et surtout à l'école, toute la journée, ça les fait pester, elles demandent jusque quand ça va durer, mais les services officiels du gouverneur n'ont pas encore fait de prédictions sur l'étendue de cette vague pandémique. D'après la carte affichée sur son Cell, seule la montée de Small Oaks (où on ne trouve aucun chêne !) peut-être parcourue sans masque facial. Rick sourit, un peu déspeséré : "profitez-en bien, ça ne va pas tarder à être bouclé à son tour !". Arrivant à son tour à Loz', Rick entre au diner Mad House où va se tenir son premier rendez-vous de la journée. Le serveur est un Noir massif au crâne rond qui ne prend même pas la peine de rappeler les consignes anti-contamination : aspersion antiseptique, premier scan du Cell, second scan du Cell, à table. Rick commande son café et active son écran. Sa contact ne va pas tarder, d'ici une heure ils parleront en vision conf. De science-fiction. Il paraît que Rick en connaît un rayon.
